Ne pas dire mais questionner

socrate

Tout se passe bien c’est le moment de s’inquiéter

Tout se passe bien. Vos affaires se développent conformément au plan et vous êtes entouré(e) de collaborateurs compétents et zélés. Et pourtant…Vous êtes inquiet(e). Avez -vous pensé à tout? Avez-vous la bonne appréciation de votre entreprise et de son marché? Quelque chose ne va pas , vous le sentez mais vous ne parvenez pas à mettre le doigt dessus. Vous avez beau relire à nouveau les rapports et compte rendus qui vous sont remontées, revoir les indicateurs de votre tableau de bord, vous ne parvenez pas à rester serein(e). Dans ce moment particulier, assis(e) là dans votre bureau, vous vous sentez isolé(e), seul(e). Qu’est-ce que vous n’avez pas fait correctement?

Questionner c’est surtout poser la bonne question

Cette idée lancinante occupe votre esprit et vous pousse à questionner votre système de management. Celui-ci à base d’entretiens avec chacun de vos collaborateurs directs et de comités divers sur les sujets reconnus importants est-il suffisant ou adapté ? Certes vous êtes entouré(e), les informations circulent semble-t-il mais vos collaborateurs vous disent-ils ce qu’il se passe ou bien seulement ce qu’ils pensent que vous avez envie d’entendre, occultant volontairement ce qu’ils pensent que vous ne voulez pas entendre? Informé(e) et entouré(e), doté(e) d’une bonne autorité vous obtenez en général ce que vous avez demandé, mais avez vous bien demandé tout ce qu’il vous faut savoir? Avez vous posé les bonnes questions? Comment le savoir puisque vous ne savez pas quoi demander d’autre que vos demandes habituelles ?

Savoir ce qu’on ne sait pas qu’on ne sait pas 

En fait vous êtes confronté(e) à une difficulté commune à tous les leaders. Une fois encore l’art de la guerre nous donne un exemple valide dans la vie des affaires. Comme à la guerre il y a ce que l’on sait que l’on sait (sa position) et, ce que l’on sait que l’on ne sait pas (où se trouve l’ennemi). Vous connaissez les forces et les faiblesses de votre entreprise, la validité de sa technique et les manques de vos produits. Vous connaissez aussi votre prochain produit mais pas ceux de vos concurrents. Vous avez toutes les informations vous semble-t-il , vous avez confiance dans votre équipe pour vous alerter en cas de problème Mais le danger réside en fait dans ce que vous ne savez pas que vous ne savez pas. L’événement masqué que personne n’a détecté et qui va tout renverser comme von Blücher à Waterloo. Quelle est cette menace que vous ignorez et qui met en danger votre entreprise? C’est elle qu’il vous faut débusquer.

Mettre tout le monde à l’aise avec les questions difficiles

Mais comment faire pour découvrir ce que l’on ne cherche pas? C’est là qu’interviennent vos talents de leadership. Pour trouver la bonne question à poser il faut instaurer un climat dans l’équipe qui autorise l’émergence du questionnement. Encourager les pensées étranges, décalées. Accepter les remises en cause de ce qui paraît certain et intangible. Etre capable d’écouter et d’entendre les questions brutales et vitales qui font mal. Créer des moments de questionnement intense et pousser jusqu’au bout la réflexion en se demandant ce qu’il adviendrait de l’entreprise si cet « impossible » venait à se produire.

Ne pas dire mais questionner

Il s’agit d’un exercice difficile pour le dirigeant qui doit accepter de se remettre en cause et d’être remis en cause, accepter d’avoir tort, accepter d’écouter ses collaborateurs et de se taire. Abdiquer cette croyance qu’il faut « dire »aux autres et au contraire adopter la posture de celui qui « questionne » simplement, de manière non sophistiquée dans un exercice de maïeutique permettant des réponses inattendues sur des choses auxquelles on n’a pas pensé et recevoir des informations que l’on ne demandait pas pour ensuite analyser et décider. Faire cela c’est sortir de sa zone de confort mais c’est également le plus sûr moyen de réussir.

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