François Gabart, leçon numéro deux

 

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Début 2013, François Gabart a 30 ans et nous donne une leçon de vie à l’occasion de sa victoire dans le Vendée Globe à lire sur ce blog (https://econstantblog.wordpress.com/2013/02/01/le-jeune-homme-et-la-mer-une-lecon-de-vie/)

Cette fois ci, il a pris un peu de bouteille. A 34 ans, il s’est vu confié par un sponsor ambitieux la destinée d’une aventure collective et individuelle, la conquête d’un record du tour du Monde en solitaire. Pari réussi et qui lui donne cette fois ci l’occasion de nous délivrer une seconde leçon. De management celle-là.

Que nous dit-il sur sa victoire et de ce qui l’a rendue possible? La conjonction de trois paramètres. Des conditions d’environnement favorables, un produit qui surclasse la concurrence et une équipe soudée autour de l’objectif. Derrière ces trois paramètres on trouvera également des investisseurs ambitieux et qui font confiance. Cela pourrait sembler suffire pour assurer la victoire mais il n’en est rien. L’élément capital qui assure le succès c’est la capacité à repousser ses limites pour être à la hauteur de l’ambition, des hommes qui vous entourent et de l’aventure entreprise. Il faut alors se dépasser et prendre du plaisir à ce que l’on fait, laisser parler ses émotions et à son tour avoir confiance en soi et faire confiance.

Alors peut-être y a-t-il une part de chance comme le dit lui même François Gabart mais la chance cela se provoque. Comme il le dit pour conclure:  » Dans la vie il y a des moments et c’était le bon moment ».

Mon conseil : Ne ratez pas votre moment

@Enaxion

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Prenez le risque…

confiance

« L’homme supérieur est celui qui d’abord met ses paroles en pratique et ensuite parle conformément à ses actions » – Confucius

Les listes des qualités que doivent avoir les  bons managers sont nombreuses dans les publications de management. Il en est une cependant qui n’apparaît pas en tête de liste et qui pourtant revêt une importance particulière voire primordiale dans la réussite entrepreneuriale. Elle est souvent là cependant, en toile de fond, sans être véritablement mentionnée ni mise en avant. Elle se glisse dans les pas de qualités reconnues de longue date comme le courage ou bien encore plus récemment la bienveillance sans oser se montrer en plein jour et jouer sa partition de soliste.

Cette qualité n’est pas un don inné ni une aptitude acquise. Elle est une attitude face à la vie. Elle bénéficie à celui qui sait la faire grandir en lui et à ceux qui en reçoivent les fruits. Dans l’entreprise, mise en avant par le top management, elle apporte force et énergie individuelle et collective. Elle libère la motivation et constitue une source d’énergie qui nourrit l’engagement de chacun dans son travail. Si elle n’est pas présente son absence génère le doute sur ses capacités et la peur de faire des erreurs. elle obère la capacité contributive des collaborateurs quel que soit leur niveau dans l’organisation et leurs responsabilités. Cette qualité irrigue l’ensemble des processus de l’organisation. Lorsqu’elle circule librement dans écosystème de l’entreprise, quand elle se répand de manière naturelle dans les méandres de l’organisation sans être canalisée, bloquée à certains points, retenue ou bien comptée et délivrée chichement voire de manière conditionnelle aux membres de l’entreprise, elle peut donner toute sa puissance, renverser les obstacles et générer des niveaux de créativité, d’innovation, de coopération ou de collaboration inégalés.

Souvent considérée avec envie mais aussi avec crainte par celui qui la porte, elle est comme le feu. Il peut la donner ou la retenir, cela ne tient qu’à lui. Il la retient pour lui et rien n’arrivera, il la donne et tout peut arriver, il n’en a plus la maîtrise et cela le met en état de dépendance, il devient vulnérable. C’est un pari d’optimisme que de mobiliser cette qualité. C’est en somme un acte de foi dans l’autre. C’est en cela qu’elle est une force pour l’organisation qui sait l’apprivoiser et en faire un principe de fonctionnement.

Cette qualité c’est la confiance. A user et abuser sans modération

Le leader, un artiste méconnu…

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Diriger est un art et chaque leader ou dirigeant n’est pas un artiste….

L’artiste cet être qui réalise une œuvre en maitrisant un art, un savoir, une technique, et dont on remarque la créativité, l’originalité voire la puissance de ses actes, de ses gestes et de ses productions. Celles-ci suscitent les émotions, les sentiments, la réflexion et peuvent être source de transcendance pour le public.

C’est l’œuvre qui « dénonce » l’artiste tout comme le dirigeant

Vu sous cet angle être un leader devient un peu plus difficile qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas uniquement de maitriser les principes et les règles du management des choses et des hommes mais bien d’être également capable de se connecter à son monde intérieur pour alimenter l’action afin d’en faire une œuvre, un objet artistique. C’est l’œuvre qui « dénonce » l’artiste tout comme le dirigeant. Cette œuvre ne le devient que par sa capacité à engendrer des émotions dans l’entourage, émotions capables elles-mêmes de générer de l’engagement et de l’adhésion parmi le public. Il n’est donc pas étonnant que dans certains cas l’œuvre voulue ne soit pas reconnue et ne provoque pas cette mobilisation du cœur et de l’esprit qui est attendue.

La race des artistes du management

Cela ne signifie pas alors que le dirigeant ne peut pas diriger, cela signifie simplement qu’il n’est qu’un gestionnaire capable, capable au sens de la maîtrise des leviers permettant de développer les affaires. Mais cela signifie qu’il n’est pas de la race des artistes du management, c’est à dire un dirigeant habité d’une vision, à même de ressentir des émotions fortes et de les faire partager en traduisant son bouillonnement intérieur en langage émotionnel perceptible par le plus grand nombre. En face de ce type de leader on se sent transporté alors qu’en face du premier, l’ennui et la routine viennent vite.

Ce constat ne doit cependant pas écarter les apprentis leaders du chemin de la maitrise de leur art. On peut en effet apprendre à devenir l’artiste que l’on aspire à être. Apprendre à ressentir sans être limité par le jugement rationnel et l’ignorance de son intuition. Apprendre à se laisser influencer par ses émotions, à laisser toute sa place à cette petite flamme créative au fond de chacun de nous pour faire jaillir une œuvre qui ne demande qu’à devenir collective.

« L’art est difficile… »

Pour cela il faut être capable bien sûr de relever quelques défis personnels. « L’art est difficile… » disait le poète. J’en citerai quelques-uns qui sont d’irrémédiables étouffoirs à talents.

  • Ne pas se sentir supérieur aux autres,
  • Ne pas s’isoler du réel,
  • Ne pas se montrer égocentrique,
  • Exprimer une vraie joie, agir en s’amusant et faire partager cet état d’esprit.
  • Rester humble. Le leader est en premier lieu au service des autres, il est là pour montrer le chemin, partager, faire découvrir aux autres une parcelle de ses propres découvertes pour faire grandir.

 

 

 

« Is it a revolt? No Your Majesty it’s a revolution »

revolutionCivilizations, organizations, people, are evolving through crisis not through breakdown. The distinction between crisis and breakdown could appear trivial. It’s not. A crisis is a change and a breakdown is not. Both of them are often brutally encountered without warning or preparation. Both need to be urgently addressed to avoid further unforeseen developments. Both are generating stress and tensions.But they are definitely not the same.When facing a breakdown we can fix it rapidly to recover the previous situation and go on as if nothing had happened. This blip is soon forgotten and life goes on as usual. The crisis doesn’t allow this comeback to a previous state. The specific nature of the crisis is that there is no possible fix. There will never be again the same previous situation. The situation has changed definitely and that’s generally really scary for all the protagonists. The emotional content of the crisis has triggered psychological reactions that have modified the system. This is telling us how we should manage crisis to avoid being disqualified in the eyes of our people by treating  the situation as if it was a mere breakdown. When dealing with a crisis we go through several emotional phases very similar to the Kübler-Ross model. At first the unthinkable phase. We are in denial and tend to reconnect the situation with what we know, our own certainties, and try to quickly bring solutions instead of establishing a diagnosis. The second phase of revolt is triggered by the impossibility to apply what we used to do in the past. The situation requires to reinvent a new solution but we are not ready for that and we generally tend to oversimplify,reduce the complexity and stick to opinions instead of facts. To overcome this, we need to release our grip and accept the difficulty. In this third phase it’s important not to give ground to paralysis or agitation to be able to reach the fourth phase, the solution/creation phase where creativity and collective intelligence is called-in to shape the future and generate a new energy. It’s important in such crisis situation to diagnose what forces are at work in the different stages of the change and to apply the appropriate solutions to recover and find a new equilibrium.

N’ayez pas peur de vos émotions

Mansuivez-votre-bonne-étoile-intuitive-581x326agers n’ayez pas peur de vos émotions. C’est vite dit mais dans la réalité de l’entreprise moderne qui creuse son sillon dans un « monde de brutes » cela reste bien souvent un vœu pieux ou encore sujet de dérision et de blagues un peu lourdes. « Laisse vivre la femme qui est en toi » semble nous dire cette curieuse injonction. C’est très tendance dans certains milieux, mais difficile à  accepter dans l’entreprise. Pas seulement par le sexe masculin d’ailleurs. Cette crainte effleure aussi parmi les managers de sexe féminin qui s’interrogent sur la démonstration de cette apparente faiblesse dans un environnement professionnel tout entier tourné vers la performance, l’efficacité et la maîtrise des événements. Récemment j’ai ainsi vu une cliente en coaching quasiment bondir de sa chaise à mon évocation de l’intuition dans le management. Comment ? il existerait donc d’autres moyens que l’application d’une rationalité pure et toute professionnelle pour obtenir des résultats ? Quelle hérésie pour elle mais aussi sans doute pour beaucoup d’autres et peut-être même vous qui lisez ce blog ! Certes tout un chacun est bien conscient aujourd’hui de notre double polarité et que derrière cet « animus » de façade très masculin il y a aussi cet « anima » toute en subtilité et sensibilité qui permet de libérer la créativité. Mais dans le monde des affaires il n’y aurait de place que pour l’action et la résolution des problèmes , apanage de la masculinité ? vraiment? A l’aube de ce siècle qui n’en finit plus de nous tendre les bras depuis presque quinze ans, le leader complet se doit d’être capable de jouer sur ses deux dimensions. C’est par la confrontation de ses capacités d’action avec une intuition salvatrice, qu’il parviendra à ses buts dans un monde d’incertitudes. Les qualités de leadership qu’il faut à présent développer et mettre en avant doivent jouer sur l’empathie et l’émotion pour obtenir l’engagement autour d’un projet commun. Le leader autoritaire , sûr de lui , sans capacité d’écoute et de compassion emmerde tout le monde à présent non ? Alors oui , je le répète n’ayez pas peur de vos émotions.