C’est curieux ce besoin de faire des phrases….

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L’air est à tout le monde ne le monopolisez pas !

« C’est curieux ce besoin chez les marins de faire des phrases » Cette réplique culte d’un film culte dialogué par Michel Audiard me revient quand je suis en présence d’un manager et que je le vois partir dans une logorrhée infernale. Vous savez ce type de situation où personne ne parvient à en placer une pour donner un avis ou contribuer à la réflexion proposée. Au bout d’un moment on peut aller jusqu’à ressentir la raréfaction de l’atmosphère lorsque la pression du langage unilatéral commence à carrément vous « pomper l’air » au sens propre comme au sens figuré. Un manager qui « pompe l’air », c’est dangereux car destructif des équilibres d’une équipe. Suivez-moi bien. Si manager, diriger, conduire une activité ou une équipe au sein d’une entreprise c’est avant toute chose faire connaitre la direction et communiquer de manière détaillée sur les objectifs à atteindre et les attentes que l’on a, c’est aussi, et on en parle moins souvent, savoir se taire et écouter.

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Ecouter ce n’est pas seulement se taire, c’est beaucoup plus

Pour pouvoir écouter il faut s’ouvrir aux autres, faire attention à ce qui se passe autour, percevoir l’imperceptible en prenant du recul, laisser ses collaborateurs s’exprimer sur leur façon de voir et leurs envies de faire. Tout comme le vendeur doit savoir écouter ses clients sur leurs attentes pour pouvoir y répondre de manière adaptée, le manager a lui aussi des clients qui achètent ou non son leadership, ce sont ses collaborateurs et son entourage voire son boss s’il en a un.  Souvent, sans même s’en rendre compte à moins d’être un peu narcissique, occuper le terrain, combler les vides, parler pour éviter les silences sont des parades inconsciemment imaginées par notre manager qui pense que les silences manifestent une ignorance ou une incapacité à régler le problème posé. Cela en fait ne rassure que le manager lui-même qui s’imagine devoir tout savoir sur tout.

Ne rendez pas vos collaborateurs paresseux ou courtisans

Le collaborateur lui, le silencieux forcé et non sollicité, s’enferme alors dans une posture somme toute assez confortable de spectateur de ce discours et comprenant qu’il est important d’acquiescer à cette manifestation d’égo qui en fait cache souvent une grande fragilité et une incertitude sur ce qu’il convient de faire, il évite de réfléchir à des solutions possibles laissant seul le manager verbeux avec ses problèmes et sa quête de solution. Il devient paresseux et courtisan alors que la performance dans la durée ne progresse pas voire s’effondre sous l’impulsion individuelle là où la force collective serait nécessaire.

La parole ne vient jamais seule, elle doit être accompagnée du silence

Pour engager votre entourage et les entraîner à entrer dans l’action positive, la contribution volontaire, la résolution de problème, l’autonomie, il convient donc de veiller en permanence à ce qu’il achète votre comportement de communication. Celui-ci se trouve composé de votre parole et de votre écoute. Qu’il apprécie votre discours est certes important mais surtout il est souhaitable qu’il apprécie vos silences qui doivent faire la part belle à son expression à lui, pas seulement ses attentes et ses besoins mais bien aussi à ses idées et ses propositions pour régler les problèmes rencontrés.

Alors la prochaine fois que vous réunissez votre équipe pensez-y et si vous vous surprenez à mobiliser la parole, essayez autre chose, fermez là !

Narcissisme et leadership ne font pas bon ménage

narcissismeLe monde des affaires n’est pas hermétique aux tendances actuelles de notre société. Nous vivons dans un monde médiatisé où seuls comptent le succès et la célébrité.Chacun veut dans son domaine ,que ce soit le spectacle la politique l’entreprise ou le sport, son moment de gloire et sa part d’honneur pour émerger au dessus de ses pairs. Dans l’entreprise nous voyons de ces leaders qui se laissent griser par leurs succès et deviennent imbuvables de fierté et d’arrogance. Ils perdent contact avec la réalité et bien souvent surestiment leurs capacités. Cet amour de soi nourri par ce narcissisme ambiant est un profond inhibiteur d’empathie et constitue un frein puissant au développement de ces qualités de leadership qui se nourrissent du contact avec les autres, de l’échange et du don pour recevoir et progresser. Comment en effet développer et mettre en oeuvre ces intelligences relationnelle , émotionnelle et situationnelle sur lesquelles se bâtissent nos capacités de mieux communiquer, influencer, convaincre et motiver notre entourage si nous sommes tournés exclusivement vers nous même. La clef me semble résider dans la culture d’une humilité de bon aloi. Pour développer cette humilité rien de mieux que de s’intéresser aux autres et de développer une curiosité de tout instant pour les nouveaux savoirs et aussi pour les personnes qui vous entourent.Etre « passionnément curieux » comme disait ce bon vieil Einstein, permet de devenir un meilleur leader en développant notre intelligence émotionnelle et sociale. Etre curieux ce n’est pas seulement écouter les idées des autres fussent-elles étranges, ni être attentif à la concurrence et ne pas la sous-estimer c’est aussi être capable de recevoir du feedback  et d’accepter les critiques pour en faire un axe de développement personnel. Pour cela j’ai une humble suggestion , celle de recourir à un coach pour vous aider à regarder vos angles morts dans un « miroir » certes bienveillant mais pas complaisant.

The renewed importance of communication

France, last Mocommunicationnday we were informed that unemployment had reached levels we’ve never seen since 1997. This is not unique in Europe and this information was vastly commented, triggering anxiety among employees around the country.

This anxiety cannot be ignored by leaders. It impacts employee engagement.

So what? You ask. In fact leadership should be aware that disengagement has a real impact on productivity and productivity is what you need most in those times. In addition job insecurity impacts your best people engagement and loyalty. Your high potential or high performer employees will play less discretionary efforts than before if disengaged and they may be looking for another job in a better environment. Therefore instead of getting extra efforts from the ones that are pulling the rest of the teams, you’re at risk to be stuck in this bad environment without the ones you need the most.

You may be lucky enough to work  in a business sector that is not directly impacted by the current crisis , or you can as well be involved in an economic downturn  that threaten the survival of your current organization. In this case where to start with?

There are certainly many things to be done to address this situation and to ensure that everyone is on board doing what is needed to move forward instead of looking for the emergency raft, but the first point you should be focusing on is communication. Communication is a key element to keep control of your teams even if everything is not totally clear and if the strategy is questionable. What people want is somebody who explains what’s happening and what is done to overcome difficulties. They don’t want to be on board of the Costa Concordia ship with a mute captain who doesn’t seem to care explaining what’s happening. They want first to understand what is going on and how they can connect themselves with the decision being made. Second they want to understand how important their personal contribution to the success of the enterprise is.  These are the two main conditions of their engagement and their willingness to do the extra mile efforts that are requested from them.

Ok, easy to say, but how do you actually do it?

In terms of attitude, expressing emotional connection with the employees when communicating can eleviate fear and help building buy in and confidence among your audience. So work on your emotions, show them don’t try to hide there will be difficulties and maybe casualties but display a real empathy. Focus on the underlying needs of your audience, in such circumstances they are mainly lying in the fundamental needs related to job security. To adjust your communication to the audience, start by listening. Organize sessions with focus groups and on an individual basis to catch what really matters to them and what needs to be answered. Real active listening will help you answer their concerns. Third, involve your employees in the way forward; show them they are part of the solution by referring to their day to day job and activities. Finally make sure objectives are near terms, immediate. You need to be in a position to show that step by step successes will be there and that step by step you’ll all make it.

Le jeune homme et la mer – Une leçon de vie

J’ai envie (et il fMacifaut toujours suivre ses envies) de vous parler de François Gabart. Oh ! Je ne le connais pas personnellement et je dois dire que c’est un peu par hasard que je me trouvais devant mon écran de TV pour regarder dimanche dernier son arrivée du Vendée Globe. J’assistais donc à cette longue ovation sans vraiment prêter  attention à ce qui se passait quand soudain je fus tiré de ma léthargie par ses premiers commentaires sur le podium où il répondait gentiment aux questions. Et là je fus saisi par ses propos sur les raisons de sa victoire et sur sa course. Que nous disait-il ce jeune marin. Il nous donnait une leçon de vie et de management en termes simples et vivants. Je voudrais les partager avec vous.

Faites en votre miel.

  • L’ambition de départ n’est pas le plus important, il faut la faire  évoluer au gré des évènements et la relever en permanence.
  • Le travail de préparation est crucial même pour affronter l’inconnu. Lorsqu’on ne sait pas à quoi on va être confronté il faut s’entrainer beaucoup pour être réactif et agile face à l’incertitude du lendemain.
  • Poursuivre l’effort sans cesse et rebondir toujours pour être au maximum tant que cela est possible.
  • L’épreuve est un puissant révélateur de soi-même et nous révèle aux autres.
  • Il faut saisir les opportunités quotidiennes et ne pas s’arrêter aux difficultés rencontrées.
  • Quand ça va mal, il y a toujours un moment où ça ira mieux et il faut alors en profiter pour ajuster ce qui doit l’être.
  • On peut faire des erreurs. On en fait de toute manière. Il faut en faire moins que les autres.
  • Il faut se mobiliser sur l’instant sans se laisser distraire par les promesses du futur.
  • Il faut de l’envie, de la passion pour ce que l’on fait afin de surmonter les difficultés et réussir et de la fierté lorsque c’est accompli.
  • On ne peut pas tout partager, il y a des choses que l’on doit assumer seul.

Verbatim

«  Je n’ai jamais lâché le morceau, certes gagner n’étais pas mon ambition de départ, je voulais faire une belle course c’est tout. Mais au fil de la course je me suis rendu compte que la victoire était possible. Alors j’ai bossé, j’ai affronté les galères quotidiennes sur mon bateau, sans jamais me décourager. J’ai fait des choses que je n’avais jamais faites et que je ne pensais pas savoir faire. Dans la difficulté je me suis découvert, j’ai appris des choses sur moi, sur mon énergie pour faire face jour après jour et finalement cela m’a rendu plus fort chaque fois car pouvoir résoudre mes problèmes me rendait fier de moi. J’ai profité des opportunités au cap Horn. Mais j’avais également bien préparé la course en amont pour affronter l’inconnu. Quand on est dans la merde, dans le coup de vent, on ne peut rien faire que tenir jusqu’à la prochaine accalmie. C’est la passion qui m’a rendu fort .Il fallait avoir envie de le faire et j’avais cette envie. Je suis resté concentré sur ma course sur l’instant présent sans me projeter dans l’après. C’était très difficile mais j’ai gardé cela pour moi, sans communiquer d’information qui aurait pu servir à mes adversaires. C’est aussi plus simple de garder les choses pour soi ».

 

Des effets du Bourgogne sur la qualité d’écoute…

Il y a quelque temps je rencontrais pour déjeuner un vieux camarade dont la   réussite professionnelle et familiale nous impressionnait tous, nous ses camarades et amis de longue date qui l’avions connu dans des postures nettement moins avantageuses.

Le voyant préoccupé je lui demandais entre deux gorgées d’une Côte chalonnaise qui me mettait d’une humeur vaillante, ce qu’il avait en tête pour faire cette triste mine et un aussi triste sort à notre côte de bœuf.

Il m’informa alors qu’il venait d’avoir son entretien annuel avec son patron et que le poste de direction générale de filiale qu’il lorgnait depuis longtemps allait lui échapper semblait-il.

Interloqué je lui en demandais la raison et il me confia que les résultats du 360° faisait ressortir un déficit d’écoute reconnu par toutes les personnes interviewées autour de lui.

Cela le rendait fou : « Un déficit d’écoute te rends-tu compte ?! »  me dit-il : «  je passe mon temps à écouter tout le monde, les fadaises des uns, les phrases creuses des autres ! C’est une blague ! ».

Reposant mon verre, je lui répondais que ce n’était pas étonnant et que les statistiques sur les 360° démontraient qu’un quart des leaders d’entreprise avait un déficit d’écoute. Il n’est donc pas seul dans son cas. Mais cela reste un sujet important et il y a une différence notable à faire entre l’écoute telle qu’il semble la pratiquer et l’écoute empathique qui prend vraiment en compte le point de vue de l’autre. « Mais.. » commença –t-il à me rétorquer comme je l’interrompais. « Il y a une vraie différence » lui dis-je : « entre l’écoute et ce que nous faisons souvent c’est à dire préparer notre réponse au lieu d’écouter les arguments de l’autre ».

« Tu as sans doute raison, mais comment puis-je m’améliorer ? » dit-il finissant son verre.

L’invitant à se resservir, je lui indiquais quelques petits trucs simples qui pourraient changer la perception des autres mais surtout le plus important, sa façon à lui d’écouter.

Il pourrait par exemple :

S’astreindre à noter synthétiquement les quelques idées forces qui lui sont présentées par son interlocuteur ce qui aura l’avantage de renforcer son attention et de montrer à l’autre la prise en compte de ses arguments majeurs même s’ils ne sont pas retenus en définitive.

Prendre le temps de comprendre d’où l’autre s’adresse à lui, avec quelles références et selon quel point de vue pour essayer de comprendre l’origine de ses arguments et les remettre dans leur contexte.

Prendre soin de veiller en permanence à ce que les points de vue des uns et des autres soient écoutés et pesés et qu’ils en soient conscients. Cela améliorera leur perception de l’écoute et sera très motivant pour eux. C’est certes un peu plus consommateur de temps mais savoir prendre le temps, ralentir pour avancer est une des clefs de la réussite.

« Quand j’étais au Japon » lui dis-je « j’avais été frappé par cette capacité d’écoute de tous les points de vue avant de prendre une décision, ceci avait l’avantage de raccourcir l’exécution. Chez nous c’est malheureusement souvent l’inverse. »

« Tu as sans doute raison » me dit-il «, ça ne peut pas faire de mal, c’est du bon sens mais comment m’assurer que je ne dérive pas de tes beaux principes ? »

« Fais-toi coacher pour ancrer ces bonnes pratiques ! » lui dis-je en riant.