S’arrêter pour avancer

rafting-001Dans mon activité je peux observer le monde qui m’entoure et plus particulièrement mes clients. C’est l’avantage de mon métier. J’ai le temps, ou en tout cas je le prends. D’ailleurs ils me rémunèrent pour cela mes clients. Les observer et les aider à trouver les solutions à leurs problèmes.

De cette observation je retire certes une grande satisfaction pour ma curiosité, mais ce n’est pas le propos. En fait plus je les observe plus je me rends compte d’une dérive majeure dans le fonctionnement de ces organisations. Les hommes qui la composent ne prennent plus le temps de réfléchir et de préparer leurs décisions. Récemment, je cherchais à obtenir un rendez-vous avec un des dirigeants d’une grande société pour recueillir des informations qui me manquaient. A chacun de mes appels son assistante désolée m’indiquait qu’il était en réunion. Que je l’appelle le matin, à midi, le soir, la réponse était invariablement la même : «  je ne l’ai pas vu  aujourd’hui il est en réunion toute la journée ». M’enquérant d’un moment plus approprié pour le joindre, elle me répondait invariablement que c’était difficile, qu’elle ne savait pas et qu’en ce moment il était très pris. Ne pouvant plus attendre je fixais avec elle un rendez-vous pour récupérer les documents dont j’avais besoin et je me rendais alors à son bureau à l’heure du déjeuner espérant avoir l’occasion de le voir et d’échanger avec lui quelques instants. Quel naïf j’étais. Je m’aperçus en fait que pour encore optimiser son temps de réunion, il commandait son repas dans une des réunions pour pouvoir basculer dans la suivante sans perdre de temps. Ce jour-là, je ne le vis qu’entre deux portes avant qu’il ne reparte dans son marathon quotidien.   Quelle vie est-ce là me demandais-je ? En quoi ce rythme effréné de discussion pour résoudre des problèmes immédiats pouvait-il être une réponse appropriée aux enjeux auxquels sont confrontées les entreprises. Qu’est-ce qui justifie cet emballement des énergies. En y réfléchissant  une image me vint à l’esprit. Un raft dans les rapides. Les pagayeurs à l’avant et sur les côtés qui plongent leur pagaye pour faire avancer le frêle esquif dans cette eau démontée. Ils ne voient rien que la vague qui arrive, le rocher qui pointe, mais heureusement il y a à l’arrière quelqu’un qui regarde au loin le prochain obstacle et oriente le bateau pour aborder cette nouvelle épreuve, lui il n’est pas dans l’effort immédiat, il anticipe. Mais qui anticipe à présent dans le cas de mon client ? Qui prend le temps de réfléchir et de trouver les idées qui assureront la survie ? Qui prend le temps de la créativité indispensable ? On peut me rétorquer qu’il n’y a pas de long terme sans court terme mais il y a des limites à ce système. A force d’avoir le nez sur les obstacles et de résoudre des problèmes de court terme on perd le sens de l’action, on oublie de regarder l’inattendu possible et on prend le risque de se perdre et de disparaître. Beaucoup d’énergie déployée par mon client et ses semblables serait mieux employée à anticiper et réfléchir et cette anticipation pourrait permettre d’éviter les écueils qu’ils s’appliquent à gérer au quotidien. On peut me dire également que durant ces réunions on échange et on prépare l’avenir. Peut-être mais j’ai tendance à penser que ces réunions permanentes conduisent en fait à donner la parole à de plus en plus de personnes et donc à multiplier les réunions sur des sujets qui pourraient se gérer différemment.

Einstein à qui on demandait comment il emploierait son temps s’il avait une heure pour résoudre un problème difficile avait coutume de répondre qu’il prendrait 55 minutes pour réfléchir aux possibilités et à ses options et 5 minutes pour mettre en œuvre ce qu’il aurait décidé. Nous ne sommes pas tous des Einstein mais prendre le temps de se retirer dans son bureau ou ailleurs pour une séquence de réflexion individuelle serait de nature à mon sens à redonner du souffle et du sens à l’activité de ces managers optimisés au maximum, connectés en permanence avec leur environnement mais qui perdent le contact avec les grandes évolutions de leur environnement. Sommes toute il conviendrait juste de pouvoir s’arrêter un moment pour développer une percée créatrice porteuse de futur pour leur entreprise et pour les hommes qui la composent.

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La voie des contes, un jeu très inspirant

le_chat_botteLe Chat Botté ou le Petit Chaperon Rouge voire encore Blanche Neige au secours de nos questions cruciales, telle est l’expérience magnifique que j’ai faite durant ce week-end en compagnie de Jean-Pascal Debailleul  l’auteur du jeu de la voie des contes.

Ce voyage initiatique au cœur de l’authentique sagesse européenne contenue dans les contes de fées contient une promesse tenue. Il s’agit d’un jeu d’oracle qui demande bien sûr à l’esprit cartésien que je suis de lâcher prise et de se laisser entrainer dans une démarche à priori pour le moins curieuse mais qui s’ancre dans une réalité invisible organisatrice de notre environnement pour nous permettre de nous lancer dans des quêtes héroïques  dignes de celles des héros de notre enfance. Une fois en contact avec le merveilleux de l’univers des contes je me suis retrouvé en position d’utiliser mon inspiration pour m’ouvrir un champ des possibles élargi et me permettre d’accéder à de nouvelles opportunités de  réalisation de ma véritable histoire. C’est puissant, passé les premières réticences et incrédulités je me suis laissé gagner par la magie du jeu et je me suis senti aspiré dans un univers nouveau plein d’énergies structuré par un protocole de jeu très précis permettant de cadrer ma progression en plusieurs étapes pour un résultat que je qualifierai d’ébouriffant. Cette expérience c’est l’ouverture d’une porte sur un monde d’énergies inconnues régit par des règles immuables au travers des âges et qui influence notre quotidien sans que nous n’en n’ayons une conscience précise en dehors de ces moments synchroniques où nous nous étonnons que le simple fait de penser à quelqu’un nous le fait rencontrer dans un endroit des plus improbables.

L’intérêt de cette démarche réside dans l’opportunité donnée par le jeu de regarder les grands domaines de notre vie sous un éclairage nouveau chargé de merveilleux. Cette apparente déconnexion de notre réel permet de faire éclore une vision et des énergies insoupçonnées qui nous conduisent à nous arracher de nos impasses et de nos blocages pour réaliser nos aspirations.

Il y a là un puissant outil de révélation des possibilités de réalisation de notre vie car il nous délivre l’espace d’un moment de notre cadre normalement limité par notre propre vision du Monde, de notre conditionnement mental,  et nous donne accès au monde du Tout Possible par une percée créatrice de nouvelles potentialités.

On voit l’usage pertinent qui peut être fait d’une telle démarche pour accompagner une personne ou une organisation dans une démarche de création d’un futur possible. Il s’agit là d’un accélérateur puissant pour peu que nous soyons d’accord pour jouer…

Mon conseil , allez-y, lancez vous, venez jouer !

 

Exigence et confiance, les clefs du succès

Vous venez d’accepter un nouveau job. Ça9548124-portrait-de-chef-d-39-equipe-souriante-matures-debout-devant-son-equipe-les-mains-jointes y est c’est la promotion tant attendue. Une responsabilité importante, un business de plusieurs millions d’euros, un P&L complet, des équipes de plusieurs centaines de personnes. Vous voilà DG ! Ça s’arrose. Demain est votre premier jour. N’allez pas tout gâcher surtout. Concentrez-vous sur ce qui est important  Vous allez rencontrer l’équipe qui vous reporte directement. Des opérationnels, des fonctionnels, ne vous trompez pas. Allez-vous garder cette équipe, allez-vous la remodeler, allez-vous la réduire, l’élargir ?

Cette équipe vous l’avez hérité de votre prédécesseur. Quel était son style ? Comment gérait-il ses affaires et les hommes qui l’entouraient. C’est un élément clef pour vous pour comprendre si cette équipe est celle dont vous avez besoin. Son équipe était-elle restreinte ou au contraire large ? Exerçait-il  un contrôle fort sur elle, faisant remonter toutes les décisions à son niveau ou au contraire donnait-il une large autonomie à ses collaborateurs dans la conduite des affaires ? Comment organisait-il son temps ? Quels étaient ses centres d’intérêts, était-ce l’organisation interne ses hommes et ses processus ou bien au contraire les relations avec  les autres constituants de l’entreprise, les clients et les partenaires de l’activité ?

Vous vous connaissez, vous savez comment vous fonctionnez,  est-ce très différent de ce prédécesseur ? Si la réponse est affirmative il est probable qu’un ajustement va être nécessaire.

Soyez exigeant, ne vous contentez pas d’un à peu près pénalisant. Avez-vous besoin de stratèges, de tacticiens, de penseurs ou d’exécutants ? Les membres de votre équipe, à quelle catégorie appartiennent-ils ? Testez rapidement cette dimension de vos responsabilités nouvelles car dès le premier jour votre comportement envoie un message à votre environnement, assurez-vous alors que ce message soit le bon, qu’il représente bien ce que vous valorisez, qu’il met en avant vos centres d’ intérêts, vos passions et vos capacités. Les leaders ont les équipes qu’ils méritent, vous ne pourrez pas vous  plaindre ultérieurement que tel ou tel collaborateur n’est pas à la hauteur. Assurez-vous que vous avez bien la maitrise de ce levier de performance important. Parfois dans les grands groupes vous ne pouvez gérer cette dimension, on vous donne des objectifs très exigeants sans vous donner la maitrise du choix de vos équipiers.

Ca y est c’est fait…

Vous vous êtes bien tiré de cette première épreuve, votre équipe est constituée, vous l’avez en main. Un conseil d’ami. N’abusez pas du contrôle sur eux et leurs faits et gestes. Le leadership n’est pas une question de contrôle sur ceux qui vous entoure. C’est une question d’influence sur eux. Les grands leaders ne contrôlent pas, ils alignent les personnes dans l’organisation avec la vision. Pour cela foin du contrôle, donnez de la liberté, laissez de la place à vos collaborateurs, cette place est indispensable  à l’émergence des énergies contributives spontanées. Sans elles vous bloquez le système et générez du conflit et du chaos. Cette  liberté elle vous permet également de bien gérer votre temps, de travailler de manière intelligente en bonne complémentarité (subsidiarité) avec ceux qui vous reportent. Pour cela une dernière condition. Faites confiance.

Et si vous me dites que vous ne pouvez pas faire confiance à l’un ou l’autre de vos collaborateurs c’est alors que ce n’est pas le bon et cela nous ramène à mon premier point.

Entre la vision et la réalité se glisse le risque de l’échec

Qui n’a pas pensé au moment de franchir le pas pour s’engager dans la réalisation d’un rêve ou d’une vision qu’il n’y arrivera pas pour de multiples bonnes ou mauvaises raisons. « C’est trop haut, jamais je ne pourrai sauter en parachute de cet avion ». « Je ferais bien ce voyage autour du monde pendant un an mais je n’en ai pas les moyens ».  « Cette piste noire est vraiment superbe mais je n’arriverai pas à la descendre ».

Les créateurs d’entreprise sont de ce point de vue peu différents des autres hommes (ou femmes) qui rêvent de réaliser autre chose. Nombreux sont ceux qui au moment de s’engager dans la création, doutent d’eux même , de leur capacité à réaliser leur vision , considèrent que l’enjeu est trop important , que les sacrifices à consentir financièrement auront un tel impact sur la vie familiale qu’il est peut-être encore temps de renoncer. Combien de fois cette pensée n’a –t-elle pas tournée dans la tête de créateurs insomniaques. Cette peur de l’échec. Or ce risque d’écart possible entre le désir et la réalité n’est pas une source de découragement mais au contraire constitue ce dynamisme qui pousse à l’action car il nous tend comme un élastique dans notre recherche de solution et nous force à bouger. Pris dans ce dilemme, abandonner ou prendre des risques, le créateur peut avoir besoin d’une aide extérieure pour l’accompagner et l’aider à y voir clair, à faire ses choix, identifier les enjeux et poser un regard lucide sur la réalité de son projet car cela est aussi important qu’une vision claire pour surmonter les obstacles qui ne manqueront pas dans le parcours qu’il va faire.

Le coach dans ces circonstances aide le créateur à se projeter dans l’avenir. Il peut utiliser pour cela un exercice de visualisation, un jeu de rôle dans lequel il projettera son client dans un temps futur et lui fera explorer la situation idéale imaginée par lui et pourra vérifier sa volonté d’atteindre les différents éléments constitutifs de sa vision et son degré de confiance dans sa capacité à réussir ce qu’il a entrepris. Cet accompagnement peut aider le créateur dans la transition que constitue la période de création en séquençant les étapes et en établissant un jalonnement intermédiaire surtout si la vision apparaît trop lointaine à son client. Mais gardons en mémoire que le coach n’est pas un conseil. Il ne détient pas d’expertise du domaine exploré par le créateur et ne peut lui dire quoi faire. Il doit simplement s’assurer que son client est projeté durant le coaching dans un univers où toutes les conditions sont réunies pour la réalisation d’une performance que lui seul saura mener à bien en trouvant des solutions et en mettant en œuvre son plan d’action.