Etre ou ne pas être authentique, telle est la question

AuthenticityFaut-il renoncer à l’authenticité pour progresser dans ses comportements de leadership? La question peut paraître incongrue mais elle se pose à celui qui doit modifier ses comportements pour en adopter d’autres semblant plus adaptés à sa situation nouvelle. Ainsi récemment un client nouvellement promu s’est vu reprocher son style un peu abrupt dans ses relations avec ses collaborateurs. Il avait en effet coutume d’envoyer des remarques acérées sur un ton très caustique et parfois un peu grossier à son entourage. Ce type de réaction, acceptable dans un environnement de production se retrouvait singulièrement déplacé semblait-il dans son nouvel univers au siège de l’entreprise avec une population de jeunes cadres issus des grandes écoles. Invité à adopter un comportement plus policé dans ses feedback, il craignait de perdre en authenticité et de singer des comportements ne lui appartenant pas. Le point soulevé n’est pas trivial car nos actes authentiques révèlent une vérité profonde de l’individu et non pas des habitudes superficielles et des conventions. Nombre de personnes se retrouvent alors bloquées dans leur évolution par cette incapacité à adopter des comportements plus adaptés car ils sont retenus par leurs traits caractéristiques . D’autres moins sensibles parviennent à copier des comportements différents pour paraître et donner le change. Nous ressentons alors parfois un décalage que nous interprétons comme un manque de sincérité. Alors que faut-il faire ? Renoncer ? en fait ce que l’on doit chercher à faire c’est d’adopter des comportements qui sont à l’usage intégrés en nous comme lorsque nous enfilons un costume neuf. Au début ce costume est un peu raide et nous nous sentons inadapté à l’intérieur, nos gestes sont moins souples , notre attitude différente de celle que nous avons lorsque nous enfilons notre jean préféré. Puis progressivement ce côté un peu guindé s’estompe au fur et à mesure que nous prenons notre place dans le costume. Il se déforme un peu chaque jour pour accompagner nos mouvements jusqu’à devenir une seconde peau dans laquelle nous nous sentons aussi à l’aise que dans notre vieux jean . Nous retrouvons notre authenticité. C’est ainsi qu’il convient de procéder. Adopter un nouveau comportement et l’adapter progressivement à notre nature profonde au lieu d’enfiler l’uniforme du voisin et singer ses comportements. De cette manière nous pouvons abandonner ce qui était sans doute valable auparavant mais ne l’est plus à présent pour nous forger notre nouveau style personnel et évoluer dans notre vie professionnelle.

A vous de jouer.

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Le jeune homme et la mer – Une leçon de vie

J’ai envie (et il fMacifaut toujours suivre ses envies) de vous parler de François Gabart. Oh ! Je ne le connais pas personnellement et je dois dire que c’est un peu par hasard que je me trouvais devant mon écran de TV pour regarder dimanche dernier son arrivée du Vendée Globe. J’assistais donc à cette longue ovation sans vraiment prêter  attention à ce qui se passait quand soudain je fus tiré de ma léthargie par ses premiers commentaires sur le podium où il répondait gentiment aux questions. Et là je fus saisi par ses propos sur les raisons de sa victoire et sur sa course. Que nous disait-il ce jeune marin. Il nous donnait une leçon de vie et de management en termes simples et vivants. Je voudrais les partager avec vous.

Faites en votre miel.

  • L’ambition de départ n’est pas le plus important, il faut la faire  évoluer au gré des évènements et la relever en permanence.
  • Le travail de préparation est crucial même pour affronter l’inconnu. Lorsqu’on ne sait pas à quoi on va être confronté il faut s’entrainer beaucoup pour être réactif et agile face à l’incertitude du lendemain.
  • Poursuivre l’effort sans cesse et rebondir toujours pour être au maximum tant que cela est possible.
  • L’épreuve est un puissant révélateur de soi-même et nous révèle aux autres.
  • Il faut saisir les opportunités quotidiennes et ne pas s’arrêter aux difficultés rencontrées.
  • Quand ça va mal, il y a toujours un moment où ça ira mieux et il faut alors en profiter pour ajuster ce qui doit l’être.
  • On peut faire des erreurs. On en fait de toute manière. Il faut en faire moins que les autres.
  • Il faut se mobiliser sur l’instant sans se laisser distraire par les promesses du futur.
  • Il faut de l’envie, de la passion pour ce que l’on fait afin de surmonter les difficultés et réussir et de la fierté lorsque c’est accompli.
  • On ne peut pas tout partager, il y a des choses que l’on doit assumer seul.

Verbatim

«  Je n’ai jamais lâché le morceau, certes gagner n’étais pas mon ambition de départ, je voulais faire une belle course c’est tout. Mais au fil de la course je me suis rendu compte que la victoire était possible. Alors j’ai bossé, j’ai affronté les galères quotidiennes sur mon bateau, sans jamais me décourager. J’ai fait des choses que je n’avais jamais faites et que je ne pensais pas savoir faire. Dans la difficulté je me suis découvert, j’ai appris des choses sur moi, sur mon énergie pour faire face jour après jour et finalement cela m’a rendu plus fort chaque fois car pouvoir résoudre mes problèmes me rendait fier de moi. J’ai profité des opportunités au cap Horn. Mais j’avais également bien préparé la course en amont pour affronter l’inconnu. Quand on est dans la merde, dans le coup de vent, on ne peut rien faire que tenir jusqu’à la prochaine accalmie. C’est la passion qui m’a rendu fort .Il fallait avoir envie de le faire et j’avais cette envie. Je suis resté concentré sur ma course sur l’instant présent sans me projeter dans l’après. C’était très difficile mais j’ai gardé cela pour moi, sans communiquer d’information qui aurait pu servir à mes adversaires. C’est aussi plus simple de garder les choses pour soi ».

 

Quand ça change ça change !

Jean, le majordome des Tontons Flingueurs d’ Audiard ne s’y est pas trompé lorsque Raoul Volfoni et son frère font irruption dans la villa pour récupérer leur argent. «  Quand ça change, ça change » dit-il en s’emparant d’un revolver et en prévenant la fine équipe installée dans la cuisine.

Le changement en effet s’impose à nous souvent à l’improviste, dans des moments de crise, et requiert des actions rapides, précises et ciblées de la part des leaders en charge pour permettre l’adaptation porteuse de résultats. Dans le cas contraire les exemples ne manquent pas d’entreprises et d’organisations qui ont disparues faute d’avoir su se mobiliser suffisamment rapidement et en bon ordre.

Le rôle du leader est de s’emparer du sujet et de créer en interne un sentiment d’urgence sans craindre de générer de l’inquiétude ou de la démotivation car en son absence chacun trouvera les raisons de ne pas faire les efforts nécessaires.

Mais le leader ne peut pas tout par lui-même et s’il doit surtout au début s’engager personnellement pour faire la différence,  il doit également faire confiance à ses collaborateurs et constituer un noyau de champions auquel il donnera  les moyens de prendre le relais de l’action pour faire bouger les lignes.

Ensuite il s’agira de définir une vision du futur, claire, compréhensible motivante, concise faute de quoi le changement ne perdra dans une suite de projets confus et désordonnés, incompatibles entre eux.

Le leader doit également communiquer fortement sur cette vision et faire preuve d’une congruence parfaite dans son approche. Croire ce qu’il dit / Dire ce qu’il fait / Faire ce qu’il dit. Il donne alors à ses équipes les moyens nécessaires à la transformation et s’assure de quelques étapes intermédiaires dont il valorisera les résultats pour ancrer ensuite dans la durée un changement durable tout en évitant un optimisme excessif sur les succès à venir pour maintenir la pression et éviter que ses collaborateurs ne s’engagent dans des actions trop risquées.

Pour aborder une telle situation avec la bonne posture,  le leader a trois axes de travail :

  •   Comprendre les processus du changement à l’œuvre
  •   Comment faire face aux réactions de ses collaborateurs, actionnaires ou clients
  •   Comment aborder l’impact du changement sur lui-même.

Il s’agit d’une démarche d’ajustements réciproques à une réalité changeante et vécue différemment par tous les protagonistes. Le leader pour réussir doit appréhender et prendre en compte l’impact du changement sur les protagonistes et les implications personnelles sur chacun. La réussite viendra du  sentiment de chacun d’avoir été traité de manière équitable, d’avoir été considéré et d’avoir eu la possibilité de donner son point de vue.

Mais pourquoi, pourront objecter certains, devrais-je respecter ces règles ? Chacun pourra y voir une raison morale mais avant tout n’est ce pas une garantie de succès et donc de ROI quantifiable.

Plutôt que de se flinguer allègrement dans la maison, nos Tontons ont préféré se mettre à l’heure des tables rondes et de la négociation et s’adonner – même s’ils n’étaient pas venus pour beurrer les tartines – aux tâches ménagères qui ne sont pas sans noblesse pour le plus grand bénéfice de tous.

C’est aussi simple que cela.