La mort du chef

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C’est fini. L’ère des grands chefs a vécue. Les grands dirigeants politiques, les grands chefs d’industrie, les grands chefs militaires… A la trappe ! Pas d’homme providentiel à se mettre sous la dent pour sortir d’une situation de crise ou bien tout simplement pour mener à bien un projet.

Nous avons bien changé de monde et il est moins important aujourd’hui de savoir qui dirige que de savoir ce qui est attendu et comment l’obtenir.  Cette révolution silencieuse qui intervient, rebat les cartes du système que nous connaissons. Dans ce monde nouveau qui se construit depuis le début du XXI-ème siècle, la clé du succès n’est plus individuelle, elle n’est plus fondée sur une capacité personnelle à diriger, donner des ordres et être obéis. L’autorité naturelle qualifiée souvent de leadership personnel n’est plus suffisante pour nourrir le succès de toute entreprise fut elle économique, politique ou militaire.  La complexité grandissante des sujets, la volatilité des situations, l’incertitude permanente de ce que sera demain et de ce qui est souhaitable ou non de faire, créent un jeu de forces dans lequel l’homme seul ne peut s’en sortir. Le leadership cesse alors d’être une compétence ou une capacité personnelle pour devenir un processus partagé. C’est la naissance pour de vrai du leadership partagé et distribué dans toute l’organisation parmi ceux qui font partie du projet considéré. En effet le leader d’aujourd’hui ne doit plus savoir commander il doit savoir collaborer avec et influencer son environnement. Comment s’adapter alors, comment tirer parti de cette nouvelle donne. A l’ère des réseaux quels qu’ils soient, ceux-ci deviennent le lieu naturel de l’exercice du leadership moderne. Alors comment ça marche dans le réseau ?

Dans un réseau on va trouver de l’information en flot continu et multidirectionnel. La hiérarchie des intervenants n’est plus figée, elle varie en fonction des sujets et des moments d’une manière très flexible. Au sein du réseau les ressources sont partout, elles sont distribuées entre les membres de celui-ci et sont mobilisées en fonction du moment et des besoins collectifs. Enfin le plus important, la décision. Qui a le pouvoir de décider et où se prend la décision dans un réseau ? La décision c’est d’habitude l’apanage d’un leadership traditionnel. Le boss, celui qui est à la tête, c’est lui qui prend la décision. Dans une situation de leadership distribué, la décision n’est plus individuelle, elle est partagée en fonction des compétences et des besoins du réseau pour atteindre ses objectifs. C’est un énorme changement pour le leader moderne plongé dans ce bain un peu nouveau pour lui car dans le même temps le système doit demeurer sous contrôle pour délivrer ce qui est attendu. Le contrôle, cette obsession du manager comment peut-il être exercé sans briser la dynamique collective ?  Ce contrôle doit être lâche, pas au sens d’un manque de courage, mais au contraire être courageux car le lâcher prise est difficile. Il doit être souple, adaptatif, capable de permettre au projet d’aboutir mais en s’exerçant de façon décentralisée où chacun peut prendre sa part comme dans un fonctionnement biologique où chaque partie a son importance dans la construction collective.

Le leader moderne se voit donc confronté à un système totalement différent de ce qu’il a connu dans le passé. Il peut certes continuer à exercer son leadership personnel de manière individuelle et traditionnelle mais il aura de plus en plus de mal à obtenir ce qu’il veut et à pouvoir traiter la masse des informations qui lui sont nécessaires à sa tâche. Alors il doit faire sa révolution et changer son domaine d’intervention. Il n’est plus là pour faire avec les autres et prendre les décisions, il est là pour animer et en permanence clarifier auprès de ses membres les enjeux et la direction visée. Il doit mobiliser les énergies et générer de l’engagement en s’assurant que le niveau de charge et de débit dans le réseau est optimal, et pour obtenir ce rendement optimal il doit s’assurer de l’alignement de chaque partie par rapport au projet collectif.

Son rôle nouveau qui intègre une dimension de développement d’une culture commune au sein du réseau, privilégie l’alternance d’un positionnement en dedans et en dehors pour permettre  l’observation distanciée de lui-même comme leader et membre du réseau et des acteurs du système pour en capter les variations et en ajuster le fonctionnement renforçant ainsi l’alignement et l’efficience de tous et de chacun.

C’est curieux ce besoin de faire des phrases….

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L’air est à tout le monde ne le monopolisez pas !

« C’est curieux ce besoin chez les marins de faire des phrases » Cette réplique culte d’un film culte dialogué par Michel Audiard me revient quand je suis en présence d’un manager et que je le vois partir dans une logorrhée infernale. Vous savez ce type de situation où personne ne parvient à en placer une pour donner un avis ou contribuer à la réflexion proposée. Au bout d’un moment on peut aller jusqu’à ressentir la raréfaction de l’atmosphère lorsque la pression du langage unilatéral commence à carrément vous « pomper l’air » au sens propre comme au sens figuré. Un manager qui « pompe l’air », c’est dangereux car destructif des équilibres d’une équipe. Suivez-moi bien. Si manager, diriger, conduire une activité ou une équipe au sein d’une entreprise c’est avant toute chose faire connaitre la direction et communiquer de manière détaillée sur les objectifs à atteindre et les attentes que l’on a, c’est aussi, et on en parle moins souvent, savoir se taire et écouter.

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Ecouter ce n’est pas seulement se taire, c’est beaucoup plus

Pour pouvoir écouter il faut s’ouvrir aux autres, faire attention à ce qui se passe autour, percevoir l’imperceptible en prenant du recul, laisser ses collaborateurs s’exprimer sur leur façon de voir et leurs envies de faire. Tout comme le vendeur doit savoir écouter ses clients sur leurs attentes pour pouvoir y répondre de manière adaptée, le manager a lui aussi des clients qui achètent ou non son leadership, ce sont ses collaborateurs et son entourage voire son boss s’il en a un.  Souvent, sans même s’en rendre compte à moins d’être un peu narcissique, occuper le terrain, combler les vides, parler pour éviter les silences sont des parades inconsciemment imaginées par notre manager qui pense que les silences manifestent une ignorance ou une incapacité à régler le problème posé. Cela en fait ne rassure que le manager lui-même qui s’imagine devoir tout savoir sur tout.

Ne rendez pas vos collaborateurs paresseux ou courtisans

Le collaborateur lui, le silencieux forcé et non sollicité, s’enferme alors dans une posture somme toute assez confortable de spectateur de ce discours et comprenant qu’il est important d’acquiescer à cette manifestation d’égo qui en fait cache souvent une grande fragilité et une incertitude sur ce qu’il convient de faire, il évite de réfléchir à des solutions possibles laissant seul le manager verbeux avec ses problèmes et sa quête de solution. Il devient paresseux et courtisan alors que la performance dans la durée ne progresse pas voire s’effondre sous l’impulsion individuelle là où la force collective serait nécessaire.

La parole ne vient jamais seule, elle doit être accompagnée du silence

Pour engager votre entourage et les entraîner à entrer dans l’action positive, la contribution volontaire, la résolution de problème, l’autonomie, il convient donc de veiller en permanence à ce qu’il achète votre comportement de communication. Celui-ci se trouve composé de votre parole et de votre écoute. Qu’il apprécie votre discours est certes important mais surtout il est souhaitable qu’il apprécie vos silences qui doivent faire la part belle à son expression à lui, pas seulement ses attentes et ses besoins mais bien aussi à ses idées et ses propositions pour régler les problèmes rencontrés.

Alors la prochaine fois que vous réunissez votre équipe pensez-y et si vous vous surprenez à mobiliser la parole, essayez autre chose, fermez là !

Comment réussir dans un poste de direction

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Dans toute promotion ou prise de poste à un niveau « exécutive » il y a un risque d’échec non négligeable. Une enquête récente indique que plus de la moitié des personnes promues dans un poste de direction échouent au bout de dix-huit mois. La montée en altitude s’accompagne d’une raréfaction de l’oxygène et « faire un 8 mille » ce n’est pas de la varappe en forêt de Fontainebleau on en conviendra facilement, mais tout de même.  Vous allez être promus ou mieux encore vous venez de prendre un poste de direction et bien entendu vous ne souhaitez pas alimenter la statistique. Ceci pourrait vous intéresser.

La première question que vous devriez sans doute vous poser c’est celle-ci : Avez-vous une idée claire de ce qu’un rôle de direction suppose ? Si vous hésitez sachez que l’absence de vision réaliste de ce type de rôle est la cause de l’échec pour la moitié des impétrants. Alors prenez le temps d’y réfléchir et d’en parler ( avec moi par exemple). Ignorer cette question qui peut paraître triviale, incongrue, voire insolente peut vous conduire dans le mur. J’aurai quatre options de comportement qui pourraient vous aider à prendre un bon départ dans votre nouveau rôle:

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Restez authentique. Lorsque vous prenez un poste de direction, vous investissez que vous le vouliez ou non un rôle. Ce rôle projette une image autour de vous. Vous allez être perçu différemment. Des réactions de peur ou de vénération vont voir le jour dans votre entourage et vous allez être cerné par un halo de commentaires sur ce que vous êtes ou n’êtes pas. Tout ceci sera amplifié par la position que vous occupez. Tout aura de l’importance. Ne laissez pas les autres construire votre réalité. Ayez le courage et la volonté de rester qui vous êtes et de le montrer sans vous cacher derrière le rôle.

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Communiquez clairement. Maitrisez votre communication. Faites doublement attention à vos propos même dans les circonstances pouvant apparaître comme privées. Restez concis et précis, tout ce que vous allez faire et dire va être scruté et interprété. Votre capacité à passer en position « méta », à prendre de la distance va devenir critique et vous éviter de perdre en consistance et donc de perdre de la réalité au profit d’une image holographique qui vous échappe.

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Restez vigilant aux vérités difficiles à entendre.  Ce n’est pas la quatrième dimension mais vous allez entrer dans un monde où les informations sont filtrées pour de multiples raisons par l’entourage. Vous allez avoir à entendre ce que l’on croit être ce que vous voulez entendre. L’information brute aura du mal à vous atteindre. Dans cet océan de bonnes nouvelles vous serez parfois cependant confronté à des informations non traitées. Faites attention à votre réaction. Si vous sur réagissez ces opportunités disparaitront et vous vous installerez dans une bulle de confort vous privant des indicateurs de pilotage dont vous avez besoin pour réussir.

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Soyez clair sur vos attentes, créez de la confiance. L’instauration de relations de confiance avec l’entourage est un élément indispensable. Cette confiance sera renforcée par la formulation claire et précise de vos attentes, de vos priorités de la façon dont vous voulez opérer avec vos collaborateurs, des limites de la délégation, des principes qui doivent prévaloir dans le fonctionnement quotidien.

 

 

The renewed importance of communication

France, last Mocommunicationnday we were informed that unemployment had reached levels we’ve never seen since 1997. This is not unique in Europe and this information was vastly commented, triggering anxiety among employees around the country.

This anxiety cannot be ignored by leaders. It impacts employee engagement.

So what? You ask. In fact leadership should be aware that disengagement has a real impact on productivity and productivity is what you need most in those times. In addition job insecurity impacts your best people engagement and loyalty. Your high potential or high performer employees will play less discretionary efforts than before if disengaged and they may be looking for another job in a better environment. Therefore instead of getting extra efforts from the ones that are pulling the rest of the teams, you’re at risk to be stuck in this bad environment without the ones you need the most.

You may be lucky enough to work  in a business sector that is not directly impacted by the current crisis , or you can as well be involved in an economic downturn  that threaten the survival of your current organization. In this case where to start with?

There are certainly many things to be done to address this situation and to ensure that everyone is on board doing what is needed to move forward instead of looking for the emergency raft, but the first point you should be focusing on is communication. Communication is a key element to keep control of your teams even if everything is not totally clear and if the strategy is questionable. What people want is somebody who explains what’s happening and what is done to overcome difficulties. They don’t want to be on board of the Costa Concordia ship with a mute captain who doesn’t seem to care explaining what’s happening. They want first to understand what is going on and how they can connect themselves with the decision being made. Second they want to understand how important their personal contribution to the success of the enterprise is.  These are the two main conditions of their engagement and their willingness to do the extra mile efforts that are requested from them.

Ok, easy to say, but how do you actually do it?

In terms of attitude, expressing emotional connection with the employees when communicating can eleviate fear and help building buy in and confidence among your audience. So work on your emotions, show them don’t try to hide there will be difficulties and maybe casualties but display a real empathy. Focus on the underlying needs of your audience, in such circumstances they are mainly lying in the fundamental needs related to job security. To adjust your communication to the audience, start by listening. Organize sessions with focus groups and on an individual basis to catch what really matters to them and what needs to be answered. Real active listening will help you answer their concerns. Third, involve your employees in the way forward; show them they are part of the solution by referring to their day to day job and activities. Finally make sure objectives are near terms, immediate. You need to be in a position to show that step by step successes will be there and that step by step you’ll all make it.