Changer soi-même pour réussir le changement

change 2L’accompagnement des opérations de changement dans les entreprises apporte au consultant quelques certitudes sur les conditions de réussite du dit changement. La compétence rejoint ici l’intuition du néophyte. Le succès d’un changement dans l’organisation passe par un changement personnel. Rien de neuf ici. Léon Tolstoï le disait déjà au XIX ème siècle lorsqu’il écrivait plus ou moins ceci : » Tout le monde veut changer l’humanité mais personne ne songe à se changer lui-même ». Avec cela en tête , toute transformation organisationnelle devient également une affaire personnelle pour chaque personne concernée. Est-ce pour autant ce que font les responsables qui engagent des changements ? Force est de constater que malheureusement la réponse est non. Souvent ceux-ci voulant aller vite, ignorent cet aspect et se concentrent sur les évolutions des systèmes et de structures. Ils inventent et mettent en œuvre de nouvelles politiques et de nouveaux processus sans se rendre compte que bien que nécessaires de telles évolutions sont rarement suffisantes pour mener à bien la transformation entreprise. L’organisation comme tout organisme vivant développe naturellement des anticorps contre le virus du changement afin de protéger son intégrité et préserver le statut quo . Pour briser cette défense naturelle il est indispensable que le leader en charge développe un comportement exemplaire pour servir le changement voulu. Et pour cela il doit changer lui même.
La question n’est pas une question de personnalité , on ne change pas de personnalité. Ce n’est pas une question de compétences non plus et toutes les formations de la terre ne parviendront pas à combler le gap entre un comportement porteur d’un changement de nature et un comportement porteur d’un changement de surface. Ce qui est crucial c’est le développement d’une conscience de soi et de ses comportements. Il s’agit d’atteindre un niveau d’ancrage comportemental profond et non pas seulement un vernis qui s’écaille rapidement. Pour parvenir à ce niveau il faut être capable de développer une conscience de ce qui nous fait agir mais également une conscience de nos actes eux-mêmes. Comprendre nos intentions et les origines de nos actions quand nous les mettons en œuvre permet de mieux maîtriser notre impact et obtenir les résultats attendus.
Alors connaître et comprendre nos traits de personnalité au moyen de tests est certes intéressant mais appréhender notre façon d’agir , nos tendances en face de situations permet de réaliser un pas de géant vers la concrétisation des changements à entreprendre car peu importe que l’on soit extraverti ou introverti ce qui est important c’est d’être capable de communiquer. Pour cela nous pouvons progresser dans nos pratiques en identifiant les éléments qui nous empêchent d’être efficace dans ces situations. La mobilisation d’outil tel que le  LEA du Management Research Group  est à cet égard utile dans le cadre d’une opération de conduite du changement ou de toute situation impliquant la compréhension des dynamiques comportementales individuelles et des changements comportementaux d’adaptation à un nouveau contexte. C’est ce que nous faisons avec nos clients chez Enaxion pour leur plus grand bénéfice en termes de performance.

Leaders, évitez les déraillements

deraillement 2De temps à autre, nous voyons soudain quelqu’un à qui tout souriait se prendre les pieds dans le tapis et commencer à poser davantage de problèmes qu’à en résoudre. On trouve en général cette espèce particulière d’individu dans les cercles de pouvoir quelle qu’en soit la nature (suivez mon regard…) mais rassurons-nous si je puis dire, personne n’est vraiment à l’abri .Dans les entreprises on les repère à leur perte d’efficacité , ces « astres noirs » qui agissent au détriment de l’organisation et qui freinent leur entourage tout en creusant leur sillon avec constance. La « victime » présente différentes pathologies, il y a le « Tyran » qui impose ses vues et ne veut rien écouter, le « Cerbère » qui ne jure que par le respect des règles ou bien encore l »Excité » complètement déconnecté qui ne réfléchit plus à ce qu’il fait mais reste enthousiaste. Tous ont en commun de ne pas se rendre compte de la situation car ils s’enferment dans leur bulle.Les caractéristiques en effet de ces déraillements psychologiques sont une perte de contact avec la réalité et une conscience de soi très diminuée. Notre cerveau qui fonctionne sur une logique simple de minimisation du danger et maximisation de la gratification, interprète comme une menace tout événement qui remet en cause ce principe. Il perçoit alors ce « danger » et déclenche notre peur. Celle-ci peut prendre plusieurs formes, peur de perdre en statut, de perdre nos certitudes ,de perdre notre autonomie ou nos relations avec nos congénères.Cette peur éteint notre capacité de réflexion et nous donne à penser que nous ne sommes pas bien traité par notre entourage au lieu de nous faire questionner la validité de nos actes. Dans ces situations nous partons alors en vrille et notre cerveau devient un catalyseur de dysfonctionnements. Il met en oeuvre des parades automatiques pour nous protéger, préserver notre amour propre et auto-justifier nos actions, renforcer nos croyances et refuser nos erreurs.Dans ce miroir déformant nos émotions sont alors aux commandes mais nous croyons qu’il s’agit là de réflexions censées et que les autres ont tort et sont dans l’erreur.

Nous pouvons nous entraîner à diminuer cet angle mort qui nous empêche de voir la réalité dans sa globalité. Cela nous permettra de rester sur les rails. Pour cela, changer de miroir, prêter attention aux moments où nous pensons être « absolument certain » , être curieux et poser des questions d’approfondissement  tout comme réfléchir non pas en terme d’alternatives (ou) mais en terme d’options complémentaires (et) sont de bons moyens pour garder les commandes.