Quand ça change ça change !

Jean, le majordome des Tontons Flingueurs d’ Audiard ne s’y est pas trompé lorsque Raoul Volfoni et son frère font irruption dans la villa pour récupérer leur argent. «  Quand ça change, ça change » dit-il en s’emparant d’un revolver et en prévenant la fine équipe installée dans la cuisine.

Le changement en effet s’impose à nous souvent à l’improviste, dans des moments de crise, et requiert des actions rapides, précises et ciblées de la part des leaders en charge pour permettre l’adaptation porteuse de résultats. Dans le cas contraire les exemples ne manquent pas d’entreprises et d’organisations qui ont disparues faute d’avoir su se mobiliser suffisamment rapidement et en bon ordre.

Le rôle du leader est de s’emparer du sujet et de créer en interne un sentiment d’urgence sans craindre de générer de l’inquiétude ou de la démotivation car en son absence chacun trouvera les raisons de ne pas faire les efforts nécessaires.

Mais le leader ne peut pas tout par lui-même et s’il doit surtout au début s’engager personnellement pour faire la différence,  il doit également faire confiance à ses collaborateurs et constituer un noyau de champions auquel il donnera  les moyens de prendre le relais de l’action pour faire bouger les lignes.

Ensuite il s’agira de définir une vision du futur, claire, compréhensible motivante, concise faute de quoi le changement ne perdra dans une suite de projets confus et désordonnés, incompatibles entre eux.

Le leader doit également communiquer fortement sur cette vision et faire preuve d’une congruence parfaite dans son approche. Croire ce qu’il dit / Dire ce qu’il fait / Faire ce qu’il dit. Il donne alors à ses équipes les moyens nécessaires à la transformation et s’assure de quelques étapes intermédiaires dont il valorisera les résultats pour ancrer ensuite dans la durée un changement durable tout en évitant un optimisme excessif sur les succès à venir pour maintenir la pression et éviter que ses collaborateurs ne s’engagent dans des actions trop risquées.

Pour aborder une telle situation avec la bonne posture,  le leader a trois axes de travail :

  •   Comprendre les processus du changement à l’œuvre
  •   Comment faire face aux réactions de ses collaborateurs, actionnaires ou clients
  •   Comment aborder l’impact du changement sur lui-même.

Il s’agit d’une démarche d’ajustements réciproques à une réalité changeante et vécue différemment par tous les protagonistes. Le leader pour réussir doit appréhender et prendre en compte l’impact du changement sur les protagonistes et les implications personnelles sur chacun. La réussite viendra du  sentiment de chacun d’avoir été traité de manière équitable, d’avoir été considéré et d’avoir eu la possibilité de donner son point de vue.

Mais pourquoi, pourront objecter certains, devrais-je respecter ces règles ? Chacun pourra y voir une raison morale mais avant tout n’est ce pas une garantie de succès et donc de ROI quantifiable.

Plutôt que de se flinguer allègrement dans la maison, nos Tontons ont préféré se mettre à l’heure des tables rondes et de la négociation et s’adonner – même s’ils n’étaient pas venus pour beurrer les tartines – aux tâches ménagères qui ne sont pas sans noblesse pour le plus grand bénéfice de tous.

C’est aussi simple que cela.

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Il faut courir vite pour rester à sa place dans ce monde

Nous vivons dans un Monde en pleine transformation où les repères habituels n’ont plus court dans une refonte permanente de la réalité qui n’est pas sans influer sur les représentations individuelles de notre environnement. Une crise économique sans précédent frappe l’Europe en particulier et entraîne les peuples dans une récession vectrice de toutes les peurs ancestrales et des réflexes de survie qui interrogent notre capacité à penser rationnellement. La crise politique Européenne qui  fragilise un mouvement historique rend évident le besoin d’une interrogation collective sur le sens, les structures et les processus qui doivent prévaloir dans cette organisation dans un environnement mondial en pleine transformation où les équilibres sont détruits et où des menaces nouvelles ont vu le jour. Des découvertes technologiques majeures dans la communication et la vitesse de diffusion de l’information modifient profondément les interactions entre les groupes au niveau planétaire. Une crise sociétale qui bouleverse les fondamentaux de nos Sociétés établis durant les siècles précédents, questionne les modèles existants. Enfin, un changement profond dans les attentes des hommes vis-à-vis du Monde qui les entoure avec l’émergence de courants individualistes mais aussi de mouvements de fond de nature religieuse redéfinissent notre rapport à la nature, à la technologie et au fait économique.

Dans ce bouleversement profond, les dirigeants d’entreprises sont confrontés avec leurs équipes à des enjeux inconnus et doivent poursuivre leur activité avec tout ce que cela représente comme transformation nécessaire dans leurs structures, l’élaboration de leur offre, la définition de leur business modèle et les méthodes de gestion des ressources humaines. Tout comme eux, Les dirigeants de Collectivités Locales et Administrations, longtemps à l’abri des fluctuations économiques font aujourd’hui face à des pressions nouvelles liées à la paupérisation de franges de la population de plus en plus importantes dans un contexte de chômage et d’immigration. Ils sont  soumis à des  restrictions budgétaires importantes  imposant des choix et une redéfinition du sens de leur activité, de leur rôle dans la cité et de leur identité dans un monde d’usagers dont les exigences et les attentes  sont revisités sous l’influence des mouvements sociétaux mentionnés plus haut.

L’organisation gagnante de demain n’est pas celle qui gagnera comme par le passé  la bataille de la productivité et de la qualité. Ces batailles étaient celles des années 1990-2000 où l’entreprise se mesurait à une concurrence connue qui elle-même utilisait les mêmes armes dans le combat économique .Aujourd’hui l’organisation gagnante, c’est-à-dire celle qui demeure pérenne dans un monde en accélération,  c’est bien celle qui saura revisiter son modèle et se mettre en mouvement avec ses équipes pour accompagner ces bouleversements de l’environnement. L’immobilisme et la répétition des modèles existants ne sont plus des comportements fiables et sécurisants dans la situation présente. Les approches lamarckiennes d’adaptation où l’évolution n’est qu’une succession d’acquis jamais remis en cause ne sont plus de mise, elles sont remplacées par un modèle darwiniste de création dans la rupture et dans l’innovation.  L’organisation doit être capable d’anticiper et de se transformer en permanence pour accroître sa position de marché. La nécessité du changement est universellement reconnue dans tous les domaines mais cette nécessité devenue vitale aujourd’hui rend encore plus importante l’atteinte de ses objectifs par l’entreprise et par les hommes qui la composent. Or il est plus difficile d’atteindre son but que de le fixer. Tout le monde veut dans le discours accorder davantage d’importance aux clients et aux usagers, être plus réactif, inventer et offrir une prestation de qualité proche de la perfection mais de grandes difficultés sont rencontrées par les dirigeants pour concrétiser leurs buts à un coût humain et financier raisonnable. En effet les compétences individuelles et collectives pour engager et accélérer le mouvement créatif restent malgré les années encore insuffisamment développées dans la plupart de ces organisations surtout dans le domaine primordial de l’humain. C’est à cette dimension particulière de l’accompagnement de l’humain dans la mise en mouvement pour créer un futur qui n’existe pas encore  et dans l’atteinte de ses buts, qu’ils soient individuels ou collectifs que s’intéresse mon activité. En effet l’entreprise ou l’administration  ont  besoin de la mobilisation et de l’engagement de leurs salariés ou de leurs agents pour avancer et l’épanouissement de ceux –ci  est nécessaire au succès de l’organisation à laquelle ils contribuent. Comme dans le monde d’Alice au pays des merveilles, le décor avance en même temps que la reine rouge et il faut courir vite pour rester à sa place dans ce monde.